Au Cleveland Museum of Art, une feuille de 53,7 sur 35,9 centimètres porte un lis turban. Le cartel dit : planche 7 des Liliacées, 1802-1816, gravée par De Gouy d’après Pierre-Joseph Redouté, gravure au pointillé coloriée à la main. Trois choses s’y lisent. Le peintre est nommé. Le graveur aussi, même si l’on ne sait presque rien de lui, sinon qu’il travaillait au XVIIIe siècle. Et la personne qui a posé la couleur au pinceau, elle, n’a pas de nom.
Il y a eu deux planches. La planche de livre, rare et chère, faite à plusieurs mains dont on n’a gardé que quelques noms, pour montrer ce que les mots ne savaient pas dire. Puis le tableau mural, inventé pour la classe, plus grand, plus simple, vendu à des prix modiques. Le mot a un autre sens dans nos métiers, celui de la planche de bois dont on tire un papier peint, et dont nous avons raconté les mille planches d’un paysage : ici, il s’agit toujours de l’image imprimée d’une plante ou d’un animal.
Faire voir pour faire savoir
En 1770, Buffon explique pourquoi il a fait graver et colorier des planches à part des volumes de texte : « les planches enluminées sont faites pour cet Ouvrage, et l’ouvrage pour ces planches ». L’entreprise occupe « plus de quatre-vingts artistes et ouvriers » employés continuellement depuis cinq ans, et l’auteur reconnaît l’avoir « restreint à un petit nombre d’exemplaires ». Selon Stéphane Schmitt et Christophe Gouraud, dans la revue du Muséum Zoosystema, chaque planche n’a été tirée qu’à 450 exemplaires au plus, cent cinquante sur grand papier et trois cents sur petit papier, quand les volumes de texte se vendaient par milliers. Soit, pour la seule série, quatre cent cinquante mille feuilles à colorier une par une.
Cette série compte mille huit planches, parues en quarante-deux cahiers de vingt-quatre, du printemps 1765 à octobre 1780, dont neuf cent soixante-treize d’oiseaux, vendues sans texte : l’acheteur devait les insérer lui-même dans ses volumes. François-Nicolas Martinet, dont la signature court au bas des planches, « a dessiné et gravé tous ces oiseaux », écrit Buffon ; Edme-Louis Daubenton, dit le jeune, « seul, a conduit cette grande entreprise », et c’est lui, précisent Schmitt et Gouraud, qui surveillait le travail des coloristes.
Buffon savait ce que ce prix interdisait. Puisqu’il n’était pas possible d’en « multiplier assez les exemplaires », il fit aussi « graver d’autres planches noires, qui pourront se multiplier autant qu’il sera nécessaire », pour « ce plus grand nombre qui fait proprement le Public ». Et si l’on faisait tout cela, c’est que le texte ne suffisait pas : en 1806, l’Institut le dit en une phrase, « Des figures correctes peuvent suppléer seules à l’imperfection du discours ».
Graver, colorier, imprimer
Le procédé est long : une plaque de cuivre gravée, un tirage en noir, puis la couleur posée à la main, feuille après feuille. Buffon, qui en avait pourtant fait le cœur de ses Oiseaux, appelait cela « ce genre de mauvaise peinture que l’on appelle enluminure ». Le résultat dépend de la main qui tient le pinceau : Redouté le reproche en 1817 à un recueil concurrent, dont l’enluminure « paraît d’ailleurs avoir été abandonnée à l’arbitraire des ouvriers », au point que deux épreuves d’une même rose y offrent « des nuances de couleur différente ».
L’autre solution consiste à mettre la couleur sur le cuivre lui-même. Les planches des Liliacées et des Roses sont des gravures au pointillé, imprimées en couleurs puis reprises au pinceau : c’est ainsi que les décrivent les musées qui les conservent, à Cleveland comme à New York. Leurs notices varient d’un exemplaire à l’autre, l’une disant l’impression en couleurs, l’autre le coloriage à la main, et c’est cohérent : chaque épreuve a reçu plus ou moins de pinceau. Redouté revendiquait un procédé « inventé en 1796 », employant les couleurs « sur une seule planche », à la différence de la méthode à plusieurs planches de Bulliard. Il annonçait publier ses moyens un jour : son livre, lui, n’en dit pas davantage.
De ces ateliers, on connaît les peintres et les graveurs, qui signent au bas de l’image. Les coloristes, non : « on ne connaît pas les noms des coloristes », écrivent Schmitt et Gouraud. Un guide d’exposition de la bibliothèque Thomas Fisher, à Toronto, décrivait en 1993 les ouvrières britanniques payées à la pièce qui coloriaient les illustrations produites en série au XIXe siècle. Pour la France, aucune source lue ici ne dit qui étaient ces mains.
Le XIXe siècle apporte la pierre. Aloys Senefelder date lui-même de 1796 sa découverte de l’imprimerie chimique ; Godefroy Engelmann l’introduit en France, à Mulhouse en 1815 puis à Paris l’année suivante, et fait breveter en 1837 l’impression lithographique en couleurs sous le nom de chromolithographie, dont nous avons expliqué le principe, une pierre par couleur. Une planche coloriée avant 1837 n’est donc jamais une chromolithographie : sa couleur vient du pinceau, ou d’une planche de cuivre encrée en couleurs, jamais d’une pierre par couleur.
Les vélins
À côté des planches imprimées existe une collection d’un autre ordre, qui les précède : les vélins, peintures uniques sur peau, rangées en portefeuilles. Pascale Heurtel et Michelle Lenoir, responsables de la bibliothèque centrale du Muséum national d’histoire naturelle, en ont retracé l’histoire en 2022. Commencée dans la première moitié du XVIIe siècle par Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, la collection passe par héritage à son neveu Louis XIV, puis, « en 1793, la Convention la confia au Muséum d’histoire naturelle nouvellement créé », par un décret du 10 juin.
Elle compte aujourd’hui près de sept mille peintures en cent sept portefeuilles, la plus ancienne datée de 1631. Le chiffre bouge avec le temps : le bibliothécaire du Muséum en dénombrait près de six mille, en cent deux portefeuilles, lorsqu’il en présenta une exposition en 1926. Nicolas Robert, peintre attitré de Gaston d’Orléans puis du roi, en a laissé sept cent quarante-deux à lui seul. Ces feuilles se payaient : « on payoit alors 16 livres de chaque feuille tant d’oyseau que de plante », somme réduite ensuite à quinze puis douze livres, et Robert touchait six cents livres par an pour la fourniture de vingt-quatre vélins. C’est le prix d’une peinture unique, jamais celui d’une estampe. Après lui, d’autres tiennent la charge, Claude Aubriet, peintre en miniature du roi de 1707 à sa mort en 1742, puis Madeleine-Françoise Basseporte, peintre elle aussi, et non coloriste.
Les peintres de fleurs
Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) est le nom qui reste. Ses Liliacées paraissent en huit volumes de 1802 à 1816, ses Roses à partir de 1817, avec un texte de Claude-Antoine Thory. Ce sont des ouvrages de souscription : on achète des cahiers, livraison après livraison, et Redouté prévient que sa collection « n’excédera pas vingt Livraisons ». Il justifie l’entreprise par « la rareté, et le prix excessif des livres d’histoire naturelle » dans lesquels les figures de ces fleurs étaient dispersées. Un livre de plus, donc, mais rassemblé, et lui aussi hors de prix.
Autour de son nom, deux légendes circulent, que les sources ne confirment pas. La première fait de lui le peintre de Marie-Antoinette : ses biographes du XIXe siècle ne disent pas la même chose, l’un qu’il fut nommé dessinateur du cabinet de la reine, l’autre que la reine avait seulement voulu l’attacher à son cabinet comme dessinateur ; et le premier ajoute que, si elle avait vécu, il aurait été son premier peintre, ce qui revient à dire qu’il ne l’a pas été. La seconde fait des Roses une commande de l’impératrice Joséphine, morte en 1814, trois ans avant le premier volume. Ce que Redouté écrit lui-même est plus simple : dans les Liliacées, il remercie l’impératrice de lui laisser suivre ses travaux dans « le riche jardin de la Malmaison » et lui dédie une amaryllis, en saluant l’« illustre protectrice » de la botanique.
Le nom du peintre a fini par couvrir tous les autres. Sur la planche de Cleveland, c’est De Gouy qui a gravé. Sur les planches des livres comme sur les vélins, il faudrait en nommer trois : celui qui a dessiné, celui qui a gravé, celui ou celle qui a colorié.
Le voyage et la collecte
Beaucoup de ces images viennent de loin. Quand l’expédition Baudin rentre en 1804, l’Institut crédite le dessinateur Charles-Alexandre Lesueur de « quinze cents dessins ou peintures » faits « sur les animaux vivans », et annonce plus de cent mille échantillons et plus de deux mille cinq cents espèces nouvelles : ce sont les chiffres revendiqués en 1806, non ceux d’un inventaire vérifié.
Les dessinateurs, eux, occupaient sur le rôle du bord une place modeste : Lesueur et Nicolas-Martin Petit avaient été embarqués, selon l’étude qui a dépouillé le rôle du bord, comme « aides-canonniers de 4e classe », et Petit meurt du scorbut peu après le retour. C’est ainsi que se fabrique une planche : quelqu’un cueille, quelqu’un dessine à bord, quelqu’un grave à Paris, quelqu’un colorie sans signer.
La planche au mur de la classe
L’école n’a pas accroché ces planches-là : elle a fait fabriquer un autre objet. Dans le Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand Buisson, l’article sur les tableaux muraux d’enseignement raconte l’ordre des choses. Les images des salles d’asile, à partir de 1837, « ne décoraient pas les murs ; elles étaient renfermées dans un portefeuille et n’étaient placées devant les élèves qu’au moment de la leçon ». Elles mesuraient trente-sept centimètres sur vingt-neuf, trop peu pour être vues des bancs du fond. La librairie Hachette en édita sept séries, dont cinquante sujets d’histoire naturelle d’après les dessins de Penne.
Le mur appelait un objet fait pour lui. « L’art de l’impression en couleur a fait, en Allemagne, de grands progrès, et l’on a pu bientôt avoir des tableaux, de 80 centimètres sur 60 en moyenne [...] d’une exécution soignée, à des prix modiques », poursuit le même article, qui cite des éditeurs de Vienne, de Dresde et de Zurich, et ajoute : « Ce n’est qu’à la fin du dix-neuvième siècle que la France est entrée résolument dans le mouvement. » Il faut donc oublier l’idée d’une invention française, et plus encore celle d’un inventeur unique.
La France avait pourtant ses grands formats. De 1832 à 1841, Achille Comte publie le règne animal de Cuvier « disposé en tableaux méthodiques », quatre-vingt-onze tableaux in-folio, dont un examen d’école normale belge se sert encore, dans les années 1880, comme modèle de dessin. Puis vient la maison Deyrolle, fondée en 1831 selon la Bibliothèque nationale, d’abord maison d’entomologie, dont les plus anciennes publications recensées par la Bibliothèque nationale sont des guides d’amateurs de coléoptères et de lépidoptères ; Émile reprend en 1866 le magasin fondé par son père, et le Dictionnaire de pédagogie note que ses tableaux « eurent, à partir de 1867, beaucoup de vogue pour les notions d’histoire naturelle ». Le plus ancien manuel explicatif de ces tableaux conservé par la Bibliothèque nationale est daté de 1872.
D’autres suivent, et le tableau devient un produit d’éditeur comme un autre. Vers 1890, l’imagerie d’Épinal publie une « Histoire naturelle populaire », grandes planches où les animaux sont « dessinés en grandeur réelle », « par ordre du Ministre de l’Instruction Publique pour les Écoles primaires, cours d’adultes ». En 1901, Delagrave met en vente trente tableaux muraux imprimés en couleurs, avec des notices de Jean-Henri Fabre.
L’école les réclamait-elle ? L’arrêté du 27 juillet 1882, qui règle le plan d’études des écoles primaires, inscrit au programme « les éléments usuels des sciences physiques et naturelles (leçons de choses) », mais ne dit rien du matériel : les listes de fournitures viennent des commentateurs, et celle du Dictionnaire de pédagogie réclame pour la nature des « collections d’histoire naturelle et des échantillons variés », pas des planches. Ce qui a mis le tableau au mur, c’est un prix. Dans un catalogue de mobilier et de matériel scolaires d’octobre 1925, les tableaux « montés sur carton, avec œillets pour les accrocher au mur » se vendent neuf francs pièce, deux cents francs la collection de vingt-deux, deux mille quatre-vingt-cinq francs le musée scolaire complet de cent quatre-vingt-huit tableaux. Combien en a-t-on imprimé ? Aucune source ne le dit.
Du livre au mur
Reste la question qui nous amène : comment la planche de livre a-t-elle fini encadrée ? Les sources sont maigres, et il faut le dire. Au Metropolitan Museum, deux planches de Redouté, une rose et une fritillaire, sont entrées ensemble en 2018 ; le musée note, à côté des dimensions de la feuille, celles du cadre, et leurs titres mêmes indiquent qu’elles ont été détachées d’un recueil. Cela fait deux planches, du même donateur, sans que l’on sache qui les a encadrées ni quand. Le même musée conserve une copie en lithographie couleur d’une planche de roses de Redouté, entrée en 1955 : une image ancienne reproduite, plus petite que le modèle.
Le seul goût décoratif clairement daté que nos sources décrivent est intérieur à l’école : au début du XXe siècle, le Dictionnaire de pédagogie observe que « ce ne sont pas seulement des tableaux d’enseignement proprement dit qu’on voit actuellement sur les murs de nos écoles ; on vise à décorer les salles de classe d’images artistiques ». Quant aux livres d’histoire naturelle découpés pour en vendre les planches, dont on parle souvent, nous n’avons trouvé aucune étude, aucun témoignage de bibliothécaire ou d’historien pour en établir l’ampleur ni les dates. Nous ne l’écrirons donc pas.
Un savoir qui choisit
Une planche ne montre pas la nature : elle en isole un morceau, le pose sur un fond vide, le nomme et l’embellit. Ce qu’elle laisse dehors se devine parfois. L’historienne Londa Schiebinger a étudié la circulation des plantes entre les Caraïbes et l’Europe ; selon la recension qu’en donne l’historien Samir Boumediene, elle observe que la fleur de Paon, dont Maria Sibylla Merian rapporte l’usage abortif chez les femmes esclaves, n’intéresse les autres naturalistes que par « son élégance », et devient « une fleur ornementale dans les jardins européens ». La planche a gardé la beauté, pas le savoir.
Les mêmes atlas mêlaient les hommes aux animaux. Le rapport de 1806 vante les « nombreux dessins d’hommes exécutés sur chacun des peuples » de la terre de Diémen, de la Nouvelle-Hollande, de Timor, du Mozambique, dus à Petit, et les présente comme le plus grand prix de l’atlas. Trente ans plus tard, Dumont d’Urville embarque Pierre-Marie Dumoutier « sous le titre de Phrénologiste et Préparateur d’histoire naturelle » : selon l’historien Marc Renneville, l’expédition rentre en 1840 avec cinquante et un bustes moulés sur nature, et l’atlas d’anthropologie qui suit paraît par livraisons de 1842 à 1847. Ce regard, nous l’avons déjà rencontré dans les décors de voyage.
Les sciences du vivant ont aussi travaillé pour l’empire, mais plus tard qu’on ne le croit : les jardins d’essai coloniaux sont créés de 1886 à 1897, de Libreville à Tananarive, et l’historien Christophe Bonneuil documente, pour les années 1870 à 1940, la mobilisation de la botanique et de l’agronomie dans « l’entreprise coloniale d’inventaire » et de « mise en ordre productif de la nature tropicale ». Les grandes planches françaises leur sont antérieures d’un siècle : elles disent l’ambition de tout nommer, pas encore celle de tout exploiter.
Deux planches : le livre et le mur
| Objet | Format attesté | Nombre, prix d’époque | Usage attesté | Exemple conservé ou daté | Source |
|---|---|---|---|---|---|
| Planche de livre gravée, enluminée | Cuivre gravé, couleur posée à la main ; deux papiers, « petit » et « grand », même taille de figure ; trop grands pour les volumes de texte | 1 008 planches en 42 cahiers de 24, du printemps 1765 à octobre 1780 ; 450 exemplaires au plus de chaque planche, 150 en grand papier et 300 en petit papier ; « plus de quatre-vingts artistes et ouvriers » employés continuellement | Cahiers vendus sans texte, à insérer dans les volumes ; regardée à la table : « les planches enluminées sont faites pour cet Ouvrage, et l’ouvrage pour ces planches » | Planches enluminées, dessinées et gravées par F.-N. Martinet, conduites par E.-L. Daubenton le jeune, 1765-1780 | Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, t. I, 1770, plan de l’ouvrage ; S. Schmitt et C. Gouraud, Zoosystema, 46 (16), 2024 |
| Planche de livre au pointillé | Imprimée en couleurs, terminée au pinceau ; feuille de 53,7 x 35,9 cm ; 52,4 x 35,2 cm pour un autre exemplaire | Huit volumes, 1802-1816, par livraisons de souscription ; le graveur est nommé au pied, le coloriste jamais | En 1817, Redouté oppose son recueil à « la rareté, et le prix excessif des livres d’histoire naturelle » | Les Liliacées, planche 7, gravée par De Gouy d’après P.-J. Redouté, Cleveland Museum of Art, 2020.164 ; planche 131, Metropolitan Museum, 2019.282.43 | Notices des deux musées ; Redouté et Thory, Les Roses, t. I, 1817 |
| Peinture sur vélin, pièce unique | Feuille de vélin d’une collection royale, rangée en portefeuille | 16 livres la feuille vers 1668, puis 15, puis 12 ; le peintre du roi en fournit vingt-quatre par an pour 600 livres | Collection du roi, confiée au Muséum en 1793 | Vélins du Muséum national d’histoire naturelle, 1631-2005, 107 portefeuilles, près de 7 000 pièces | P. Heurtel et M. Lenoir, Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles, 2022 |
| Petite planche en taille-douce | Planche d’histoire naturelle de 175 x 220 mm | Planche numérotée d’une suite | Planche de livre, non de mur | « Crustacés, planche n° 52 », signée Charles Le Taille, vers 1838, Musée national de l’Éducation, 1979.02069.2 | Notice d’inventaire du musée |
| Tableau mural d’enseignement | Imprimé en couleurs, monté sur carton à œillets ; 80 x 60 cm en moyenne ; 62 x 49 et 82 x 63 cm en 1925 ; 560 x 830 mm ; 750 x 900 mm | « d’une exécution soignée, à des prix modiques » ; en 1925, 9 francs le tableau monté, 200 francs la collection de 22, 2 085 francs le musée scolaire de 188 tableaux | Accroché, vu de loin par toute la classe ; les images plus petites, en portefeuille, « ne décoraient pas les murs » | Série « Histoire Naturelle Populaire », vers 1890, « publiée par ordre du Ministre de l’Instruction Publique », Musée national de l’Éducation, 1979.18202.5 ; tableaux de sciences vers 1960, 1978.01801.13 | Dictionnaire de pédagogie, dir. F. Buisson, article « Tableaux muraux » ; catalogue de matériel scolaire d’un éditeur parisien, 1925 ; notices du musée |
| Copie d’une planche ancienne | Lithographie en couleurs, 32,4 x 24,1 cm, plus petit que la planche copiée | Non établi | Entrée dans un musée en 1955 | « Copie de la planche III d’un des livres de roses de P. J. Redouté », Fernand Mourlot, Metropolitan Museum, 55.578.22 | Notice du musée |
Comment citer : Manufacture Arssans, Les Dossiers du Cahier, n°9, 20 septembre 2026.
Ce que nous en faisons, et ce que nous ne faisons pas
Nous ne reproduisons aucune planche ancienne existante, et nous n’en découpons aucune. Ce que nos images empruntent, c’est une mise en page : le sujet isolé, la plante entière avec ses racines, le fond clair, la place laissée autour. Chez nous, « gravure » et « lithographie » désignent un style, jamais un procédé ni un âge. Nos affiches du potager et du verger sont des affiches, pas des planches : elles n’ont ni nom latin ni figure numérotée, et les maisons qu’elles mettent en scène sont inventées, jusqu’à leurs dates.
L’intelligence artificielle fait partie de nos outils de dessin ; l’image est ensuite reprise, corrigée et préparée pour l’impression, en impression numérique grand format, à Saint-Rémy-de-Provence. Nos grands panoramiques de cartes anciennes et nos fresques botaniques se commandent au mètre, sur intissé ; nos affiches du potager et du verger se posent en cadre. Sur le motif botanique dans une pièce, ses palettes et ses voisinages, nous avons écrit un autre article.
Sources
- Buffon, Histoire naturelle des oiseaux, t. I, 1770, archive.org ; S. Schmitt et C. Gouraud, Zoosystema, 46 (16), 2024, HAL
- Redouté et Thory, Les Roses, 1817, archive.org ; Les Liliacées, t. VIII, 1816, archive.org ; Cleveland Museum of Art, planche 7 ; Metropolitan Museum, une rose des Roses, une copie lithographiée
- P. Heurtel et M. Lenoir, « Vélins de Paris et vélins de Vienne », 2022, OpenEdition ; L. Bultingaire, 1926, archive.org ; A. Senefelder, 1819, archive.org ; G. Engelmann, 1840, archive.org ; Women artists and botanical illustration in the nineteenth century, Toronto, 1993, archive.org
- Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, dir. F. Buisson, 1888, archive.org, et édition de 1911 ; BnF, tableaux d’Achille Comte, manuel de 1872, trente tableaux de 1901 ; Catalogue de mobilier et matériel scolaires, octobre 1925, archive.org ; Musée national de l’Éducation, inventaires 1979.02069.2, 1979.18202.5, 1978.01801.13
- Voyage de découvertes aux terres australes, t. I, 1807, archive.org ; J. Dumont d’Urville, Voyage au pôle Sud et dans l’Océanie, t. I, 1841, archive.org ; M. Renneville, 1996, HAL ; S. Boumediene sur L. Schiebinger, Clio, 2011, OpenEdition ; D. Juhé-Beaulaton, 1999, HAL ; C. Bonneuil, 1997, HAL
Dossier établi en septembre 2026.