Impression numérique grand format
Définition Lexique du décor mural
Variantes : en anglais wide-format inkjet printing ou large-format printing.
Impression produite directement à partir d’un fichier numérique, sans forme imprimante matérielle, sur un support de grande laize. Le Getty définit les digital prints, auxquels il rattache le descripteur français impression numérique, comme des épreuves obtenues à partir de fichiers d’image numériques par dépôt ou formation de colorant sur un support, et qui ne sont pas tirées d’une matrice matérielle ; il les oppose explicitement aux impressions tirées de plaques, de blocs ou de négatifs. Or, dans l’impression à la planche du papier peint, rappelle le Victoria and Albert Museum, le motif était gravé à la surface d’un bloc de bois, un bloc par couleur : l’impression numérique se passe de cette forme gravée.
Le procédé le plus courant est le jet d’encre, que le Getty définit comme une impression sans impact, pilotée par ordinateur, dans laquelle de fines gouttelettes d’encre sont projetées par des buses. L’Image Permanence Institute précise que les données de l’ordinateur parviennent à l’imprimante sous forme de signal électrique, et que le jet d’encre est la plus vaste et la plus diverse des familles d’impression numérique. Il distingue quatre familles d’encres (aqueuses, à changement de phase, durcissables aux UV, à solvant) et range les encres UV et solvant parmi les usages surtout industriels et commerciaux.
« Grand format » n’est pas une mesure normalisée. Le Getty définit large-format de façon relative : un format situé dans le haut de la gamme des dimensions ordinaires. L’IPI constate qu’il n’existe dans la profession ni accord clair ni norme ; un consensus informel, que tous ne partagent pas, tient wide format et large format pour synonymes entre 17 et 60 pouces de laize (environ 43 à 152 cm) et réserve grand, giant ou super-wide à ce qui dépasse 60 pouces. Faux ami : dans ce même consensus informel, l’anglais grand format ne désigne pas le grand format en général, mais la seule catégorie au-delà de 60 pouces.
Le Victoria and Albert Museum, évoquant le renouveau récent du papier peint, écrit que le développement de l’impression numérique et le retour de la sérigraphie ont permis à des artistes et à des designers indépendants de s’y impliquer.
Reste non établi : aucun vocabulaire normalisé ne définit la locution composée (aucune des notices du Getty consultées ne porte la locution, l’IPI constate l’absence de norme) ; la définition ci-dessus est construite à partir de ses composants sourcés. Datation de la locution et date du premier papier peint imprimé en numérique inconnues.
Période d’apparition
la technique est datée de la fin des années 1980 et du début des années 1990 ; son emploi en papier peint n’est documenté qu’au début du XXIe siècle, sans date de première apparition. Pour la technique, les sources de conservation convergent sur la fin des années 1980 et le début des années 1990, mais ne s’accordent pas sur les jalons. L’IPI date de 1987 les premières épreuves Iris (Iris Graphics), machines conçues pour les épreuves de contrôle de l’imprimerie commerciale et adoptées pour l’estampe d’art par Nash Editions en 1989 (Wilhelm date de décembre 1989 l’achat de la machine et de juillet 1991 l’ouverture de l’atelier) ; il date de 1993 l’arrivée des imprimantes grand format à la demande (drop-on-demand) et fait courir l’usage courant de 1990 à nos jours. Henry Wilhelm date de 1989 l’introduction de l’Iris 3047, « première imprimante photo jet d’encre grand format », et de 1991 les débuts du tirage photographique d’art numérique. Tim Vitale date l’Iris 3024 de 1987 et l’Iris 3047 de 1990. Une conservatrice de la Tate, s’appuyant sur Jürgens (2009), fait de l’Iris la technologie la plus employée pour l’estampe d’art numérique au début des années 1990, restée en vogue jusqu’au début des années 2000. Selon HP, cité par la revue professionnelle Sprinter (2016), le premier traceur jet d’encre DesignJet, monochrome au format A0, date de 1991, soit deux ans avant la date retenue par l’IPI. Pour le papier peint, le musée du Papier peint de Rixheim place « Impression numérique » et « Papiers peints imprimés en numérique » au début du XXIe siècle, et présente parmi ses exemples un décor panoramique imprimé en numérique. Le Cooper Hewitt conserve un papier peint en « Digital print on non-woven paper » daté de 2012 (dessin d’Irma Boom, fabrication Eijffinger). La date du premier papier peint imprimé en numérique n’est pas établie.
le TLFi enregistre le sens informatique de numérique (« qui désigne ou représente des nombres ou des grandeurs physiques au moyen de chiffres », synonyme digital), illustré par une citation de 1964, sans dater ce sens. L’Académie française, 9e éd., recommande numérique de préférence à l’anglais digital. La locution impression numérique grand format n’est datée par aucune source consultée, et jet d’encre ne figure pas à l’article jet du TLFi.
Sources
Getty AAT 300312222 (digital prints), vocab.getty.edu ; Getty AAT 300235748 (inkjet printing), vocab.getty.edu ; Getty AAT 300379501 (large-format), vocab.getty.edu ; Getty AAT 300266097 (Iris prints), vocab.getty.edu ; Image Permanence Institute, Graphics Atlas, Inkjet, graphicsatlas.org ; Image Permanence Institute, DP3, Wide-Format Inkjet Printing, dp3project.org ; Henry Wilhelm, A 15-Year History of Digital Printing Technology and Print Permanence in the Evolution of Digital Fine Art Photography, From 1991 to 2006, IS&T, 2006, wilhelm-research.com ; Tim Vitale, Brief History of Imaging Technology, v28, 2013, cool.culturalheritage.org ; Jordan Megyery, The fugitive fugitives, The Book & Paper Gathering, 2021, thebookandpapergathering.org ; Musée du Papier peint de Rixheim, museepapierpeint.org ; Victoria and Albert Museum, vam.ac.uk ; Cooper Hewitt, cooperhewitt.org ; CNRTL, numérique (TLFi et Académie française, 9e éd.), cnrtl.fr ; Sprinter, 12 octobre 2016, sprinter.com.au