On mesure la cuisine. On réfléchit au salon. On discute de la chambre pendant des semaines. Et puis il y a ce couloir de trois mètres carrés par lequel tout le monde passe, que personne ne regarde, et qui pourtant donne le ton de la maison entière.
Entrée, couloir d’entrée, dégagement : peu importe le nom, c’est le même problème. Ce mur est le seul que vos invités voient avant d’avoir enlevé leur veste, et le premier que vous retrouvez en rentrant, le soir, quand la journée a été longue. Il mérite mieux qu’une patère et un miroir posé là par défaut.
Une pièce qui n’en est pas une
Le problème de l’entrée, c’est qu’elle n’a presque jamais de fenêtre, presque jamais de recul, et presque toujours trop de portes. On ne l’aménage pas vraiment, on ne s’y assoit pas, on ne fait que la traverser.
C’est précisément ce qui en fait le terrain idéal d’un mur fort. Vous ne vivrez pas dedans : vous n’aurez jamais le temps de vous en lasser. Un motif que vous jugeriez envahissant dans un salon devient, le temps d’une traversée, exactement ce qu’il faut.
Nous l’avions dit en passant dans quel papier peint pour quelle pièce ; voici le développement. Plus la pièce est petite et plus on y passe vite, plus vous pouvez oser. C’est l’inverse de l’intuition, et c’est pourtant ce qui marche.
Un seul mur, celui d’en face
Ne tapissez pas les quatre côtés. Dans un couloir, cela ferme et cela étouffe.
Prenez le mur du fond, celui que l’on voit depuis la porte d’entrée, et traitez-le seul. Il fonctionne comme un point d’arrivée : l’œil va droit vers lui au lieu d’errer sur les portes et les interrupteurs, et le couloir cesse d’être un tuyau pour devenir un passage qui mène quelque part. Les trois autres murs restent clairs et se contentent de porter la lumière.
Si l’entrée n’a pas de mur de fond, parce qu’elle débouche directement sur une pièce, prenez alors le mur qui porte les portes. C’est le plus ingrat, celui qui est troué, celui que l’on renonce d’ordinaire à décorer. Un décor continu recoud ces trous et fait oublier les encadrements dans le motif.
La lumière que vous n’avez pas
Une entrée est presque toujours sombre. La tentation est d’y mettre du blanc pour compenser. C’est une erreur fréquente : le blanc sans lumière ne devient pas lumineux, il devient gris.
Mieux vaut assumer. Une couleur profonde, un vert sauge, un bleu sourd, une terre d’argile, ne cherche pas à imiter le jour ; elle crée son propre climat et accueille beaucoup mieux une lumière artificielle chaude. Le couloir cesse d’être une pièce ratée pour devenir une pièce voulue.
Et si vous tenez à la clarté, cherchez-la dans le motif plutôt que dans le fond : des volutes claires sur une base soutenue éclairent le mur bien mieux qu’un aplat pâle.
La hauteur du regard, pas la hauteur du mur
Dans un couloir, on ne recule jamais. On longe. Ce qui est accroché est vu de près et de biais, jamais de face.
Deux choses en découlent. Les petits formats fonctionnent ici mieux qu’ailleurs : une affiche en 20 x 35 ou 30 x 52,5 se lit parfaitement à cinquante centimètres, là où elle serait perdue au-dessus d’un canapé. Et accrochez plus bas que dans une pièce de séjour, autour d’un mètre quarante au centre de l’image, parce que le regard d’un marcheur descend.
Une série de trois ou quatre images alignées à la même hauteur, régulièrement espacées, accompagne le pas. Elles se découvrent l’une après l’autre, comme une phrase. C’est un effet que seul un couloir permet.
Les trois détails qui font la différence
Un miroir, mais pas en face de la porte : sur le mur latéral, il double la largeur au lieu de vous renvoyer votre propre image dès le seuil.
Une lumière basse, en complément du plafonnier. Une applique, une liseuse posée sur la console, n’importe quoi qui éclaire à hauteur d’épaule plutôt que par le dessus. Un couloir éclairé uniquement par le haut écrase tout et durcit les visages.
Un objet minuscule, enfin, qui ne sert à rien d’autre qu’à être là. Une image de quelques centimètres près de l’interrupteur, un magnet sur la porte du compteur quand elle est en métal. C’est ce genre de détail sans fonction qui dit qu’un lieu est habité et non seulement traversé.
Par où commencer
Mesurez le mur du fond, seulement celui-là. Deux réponses existent chez nous, et elles ne se choisissent pas de la même façon.
Les papiers peints à motifs se posent en rouleaux : le plus souvent 0,45 m de large sur 9,8 m de long, soit 4,41 m², et pour certains modèles 0,53 m sur 9,5 m, soit un peu plus de 5 m². Un calculateur en bas de chaque fiche vous dit combien il en faut : vous entrez la hauteur et la largeur du mur, le compte se fait tout seul.
Les fresques panoramiques, elles, s’impriment aux dimensions exactes de votre mur, jusqu’à 600 cm de large et 300 cm de haut, sans motif répété. Dans un couloir étroit ou sous un plafond qui n’est pas d’équerre, c’est la solution qui évite les chutes. Les deux familles sont dans nos papiers peints intissés.
Si vous préférez commencer petit, une série de trois affiches dans La Galerie suffit déjà à transformer un couloir, et se déplace avec vous si vous déménagez.
Dans les deux cas, gardez en tête la seule chose qui compte ici : personne ne s’arrête dans une entrée. Ce mur n’a pas besoin d’être aimable, il a besoin d’être vu.
À lire ensuite, sur un autre mur que l’on oublie : la cage d’escalier.