Posez sur une table une feuille de sauge retournée, un éclat de tomette, un verre de vin nouveau et un rameau de sapin. Quatre couleurs que tout le monde croit connaître, et que chacun imagine un peu autrement. C’est le problème d’un mur uni : il n’a rien d’autre à montrer que sa couleur, et le nom de cette couleur ne suffit pas à la décrire.
Ce sont les quatre teintes que l’on recherche le plus souvent pour nos unis. Nous les avons regardées de près, à la lumière du jour puis sous les lampes du soir, pour dire ce qu’elles sont vraiment au mur, avec quoi elles s’accordent et dans quelle pièce elles donnent le meilleur d’elles-mêmes.
Les quatre partagent le même papier : un intissé mat de 180 g/m², en rouleaux de 0,45 × 9,8 m, soit 4,41 m² par rouleau, à 49 € le rouleau, raccord droit, posé à l’encollage du mur. Ce qui les distingue tient en quatre lignes.
- Vert sauge : un vert descendu au gris, poudreux, presque argenté. Frais le matin, il devient le soir un grège verdi que l’on prendrait pour un neutre. Pour un séjour, un bureau, une chambre, une cuisine ouverte.
- Terracotta : le rouge terreux de la brique cuite, assombri de brun, pas un orange. Franc en plein jour, il couve le soir comme une braise. Pour une chambre, un salon, une salle à manger.
- Lie de vin : un carmin soutenu à la pointe framboise, plus vif qu’un bordeaux. Le soir, il s’assombrit en velours grenat. Pour une entrée, un couloir, une salle à manger.
- Vert sapin : un vert de conifère, profond et légèrement bleuté. Pleinement vert au jour, presque noir-vert le soir. Pour un salon, une chambre sous combles, une bibliothèque, un coin cheminée.
Papier peint vert sauge : le vert qui se fait passer pour un neutre
Le papier peint uni vert sauge est un vert grisé, velouté, presque argenté. Il appartient à la famille des verts éteints, celle du céladon des grès anciens et du tilleul séché. Sur la photographie de la fiche, posé derrière un meuble bas en bois blond sous une suspension filaire noire, il colore la pièce sans jamais l’occuper.
Sa vraie qualité se voit le soir. La lumière du matin réveille sa fraîcheur végétale ; les ampoules chaudes le fondent en un grège à peine verdi. C’est pour cela qu’il réussit dans les pièces où l’on vit à toutes les heures : il change avec la journée sans jamais crier.
Il aime les bois blonds, le frêne, le chêne blanchi, les plantes vertes qu’il fait paraître plus intenses, le lin, le coton lavé, la laine écrue. Un trait noir, celui d’un luminaire ou d’un cadre, lui donne du dessin. Il se querelle en revanche avec les violets, et à côté d’un vert franc ou d’un kaki il paraît délavé.
Papier peint terracotta : la brique cuite, pas l’orange
On imagine souvent la terracotta orangée. La nôtre ne l’est pas : le papier peint uni terracotta a la couleur de la tomette ancienne et de la brique au sortir du four, un rouge terreux assombri de brun. On y lit le pot de jardin patiné et l’ocre rouge des façades du Sud. Il ne faut pas le confondre avec la Terre d’argile de la même gamme, sa parente « crue », plus douce et tirant vers le taupe.
En plein jour, sa part de rouge s’affirme, chaleureuse et franche. Le soir, il couve comme une braise, brun et très enveloppant. C’est un fond de chambre, de salon, de salle à manger où l’on s’attarde.
Le terracotta veut de la matière autour de lui : laine bouclée, lin épais, jonc de mer, céramiques. Sur la fiche, une tête de lit et un soubassement gris le rendent contemporain, deux suspensions en laiton soulignent sa chaleur. Blanc cassé et vert sauge forment avec lui la palette la plus sûre ; une touche de bleu canard la rend plus audacieuse. Évitez l’orange saturé, les rouges vifs et les bois très roux, qui se fondent en lui sans relief.
Papier peint lie de vin : un carmin, pas un bordeaux
Voici la teinte qui surprend le plus quand on la découvre au mur. Le papier peint uni lie de vin n’est pas un bordeaux assagi : c’est un rouge de cuve jeune, un carmin soutenu traversé d’une vibration framboise, celui du jus de presse et du cassis écrasé, ou des damas carmin des tentures anciennes. Il ne faut pas le confondre avec le Pourpre de la gamme, qui penche vers l’aubergine. Ici, le rouge domine et garde son éclat.
À la lumière naturelle, sa pointe framboisée s’exprime pleinement ; sous un éclairage chaud, il s’assombrit en velours grenat, plus théâtral. Le mat lui donne une épaisseur d’étoffe.
C’est une couleur de passage et de réception : elle impressionne d’autant mieux qu’on la traverse. Dans une entrée ou un couloir, comme sur la photographie de la fiche, des portes et des plinthes blanches la structurent. Le bois sombre et le marbre blanc lui donnent un registre classique, le béton ciré un contrepoint contemporain ; le laiton et le verre fumé s’y accordent naturellement. En compagnes, du rose pâle, du gris perle, une pointe de vert sauge. Gardez-la loin de l’orange, du vermillon et des grandes surfaces noires, qui éteignent son éclat.
Papier peint vert sapin : la profondeur d’un sous-bois
Le papier peint uni vert sapin est un vert de conifère, profond et légèrement bleuté : les aiguilles à contre-jour, le tapis d’un billard ancien, un sous-bois d’épicéas où la lumière entre à peine. À l’opposé du vert sauge, il travaille dans la densité.
On le croirait réservé aux grandes pièces ; il réussit pourtant dans les petites. Il n’y cherche pas à agrandir : il enveloppe, à condition que la lumière du jour y entre, et c’est pourquoi la fiche le montre sous des combles éclairés, derrière un canapé en bois de palette blanchi et des coussins clairs. Au jour, il se lit pleinement vert ; à la tombée du soir, il se rapproche du noir-vert.
Il adore le bois brut, le bois blanchi, les poutres cérusées autant que le noyer sombre. Les textiles blancs créent avec lui un contraste net ; le laiton et le verre ambré apportent la note précieuse ; le cuir cognac, le lin écru et le gris clair complètent la palette. Dans une petite pièce, gardez un sol pâle pour retenir la lumière. À éviter : le rouge vif, qui le fait virer au décor de fête, et le vert pomme.
Associer ces teintes entre elles
Entre elles, ces quatre teintes forment deux familles : les verts, sauge et sapin, et les rouges de terre et de vin, terracotta et lie de vin. Le vert sauge est le trait d’union : il s’accorde avec la terracotta et apporte une pointe de fraîcheur au lie de vin. Le vert sapin, lui, vit mieux avec le bois, le blanc et le laiton qu’à côté d’un rouge vif : ne l’associez pas au lie de vin. Quant aux deux verts, nos fiches ne les marient pas : à côté du sapin, le sauge pourrait paraître délavé, comme près d’un vert franc. Par prudence, gardez-les dans deux pièces voisines, un blanc cassé pour transition, et comparez d’abord les échantillons.
Un uni laisse toute la place à une image. Encore faut-il que l’image réponde au mur. Deux de nos affiches, imprimées sur papier satin 150 g et découpées à la main à l’atelier, nous semblent faites pour ces teintes.
Sur le terracotta, À l’ombre des vignes. L’affiche du raisin noir de Saint-Rémy pose une grappe sombre sur un muret doré, devant les toits ocre d’un village et un ciel bleu. Les toits reprennent la couleur du mur, et le bleu du ciel apporte la touche froide qui, comme le bleu canard, rend la terracotta plus audacieuse.
Sur le vert sapin, Cœur de figue. L’affiche des figues de Saint-Rémy baigne dans une lumière d’ambre et d’or, entre des feuilles vertes. Sur un vert presque noir, ce fond doré fait l’office du laiton et du verre ambré, et la chair rouge des figues ouvertes devient le seul point vif du mur. Pour l’accrochage, la référence reste 1,50 m au centre de l’image, ou 20 à 30 cm au-dessus d’un meuble.
Même teinte, trois papiers : uni, bayadère, arabesque
Au XVIIIe siècle, un papier seulement passé d’une couleur de fond, sans aucune impression par-dessus, se vendait déjà sous le nom d’uni ; ce geste, que l’on nommera plus tard le fonçage, se faisait à la brosse, et la moindre hésitation laissait une inégalité de ton.
Chacune de ces quatre teintes existe aussi avec un dessin, sur le même intissé mat de 180 g/m², au même rouleau de 0,45 × 9,8 m et au même prix. La Bayadère la décline en fines rayures verticales ton sur ton ; l’Arabesque Volutea, en volutes ornementales ton sur ton. On peut ainsi poser l’uni sur trois murs et le motif sur le mur principal. Vert sauge en Bayadère ou en Arabesque ; terracotta en Bayadère ou en Arabesque ; lie de vin en Bayadère ou en Arabesque ; vert sapin en Bayadère ou en Arabesque.
Voir les quatre teintes chez soi : l’échantillon
Aucun écran ne rend exactement une couleur : chaque téléphone, chaque ordinateur a sa propre manière de traduire un vert sauge ou un lie de vin, et nos photographies sont des mises en situation. La seule vérité, c’est le papier au mur, sous votre lumière. Nous avons décrit dans l’automne sur les murs comment la lumière change une teinte, et dans les couleurs en décoration ce que chaque famille de couleurs fait à une pièce.
Chaque fiche d’uni porte un bouton « Commander un échantillon » : un format A4 à 7 €, qui n’est pas déduit de la commande. Vous pouvez en commander plusieurs, et c’est tout l’intérêt ici : plusieurs teintes partent dans un seul envoi, pour un seul port de 3,60 €, sous 5 à 7 jours. Les quatre teintes de cet article reviennent à 4 × 7 € plus 3,60 € de port, soit 31,60 €, pour ne pas se tromper sur un mur à 49 € le rouleau. Collez-les côte à côte au mur, regardez-les le matin et le soir, et laissez passer deux jours.
Si l’uni est destiné à la tête de lit, notre article papier peint tête de lit : uni ou fresque vous aidera à trancher. Pour la pose, notre guide de pose de l’intissé vous accompagne pas à pas ; le raccord droit des unis la rend simple. Pourquoi un uni plutôt qu’une peinture ? Voyez pourquoi choisir le papier peint uni. Toutes les autres teintes vous attendent parmi nos papiers peints unis, une gamme qui s’enrichit régulièrement.