L’automne sur les murs et la lumière d’octobre

Le Cahier

Déco & inspiration 5 min de lecture

L’automne sur les murs : ce que la lumière d’octobre change

Plus basse, plus dorée, plus courte : la lumière d’octobre transforme les couleurs et les matières d’un mur. Sujets, accrochage et éclairage pour la saison basse.

L’automne sur les murs : ce que la lumière d’octobre change

Un soir d’octobre, vers dix-sept heures trente, la lumière entre dans la pièce autrement. Elle ne tombe plus d’en haut comme en juillet : elle arrive de côté, presque à l’horizontale, traverse le salon dans toute sa longueur et va se poser sur le mur du fond, celui qui n’avait rien à dire de l’été. Tout y devient plus chaud d’un ton. Le parquet prend une couleur de miel, les ombres s’allongent, un cadre que l’on ne regardait plus se met soudain à exister. Ce n’est pas la pièce qui a changé, ce sont les murs qui reçoivent enfin une lumière qui les concerne.

Une lumière plus basse, plus dorée, plus courte

Le phénomène n’a rien de mystérieux. En octobre, le soleil ne monte plus très haut, ses rayons traversent une épaisseur d’atmosphère bien plus grande qu’en plein été, et cette traversée leur retire une partie des bleus. Ce qui arrive jusqu’à vous est une lumière ambrée, rasante, qui pénètre profondément dans les pièces au lieu d’éclairer surtout le sol. Elle dure moins longtemps, ce qui la rend précieuse : on la guette, on s’installe dedans. Et comme elle frappe les murs de biais, elle ne fait pas qu’éclairer une image, elle la sculpte.

Ce que cela fait aux couleurs de vos murs

Une même affiche ne dit pas la même chose en juin et en octobre. Sous une lumière chaude et basse, les ocres, les terres de Sienne, les rouges brûlés et les jaunes de paille s’allument littéralement : ils reçoivent exactement la longueur d’onde qui les compose. Les verts profonds, olive, sapin, bouteille, gagnent une densité veloutée qu’ils n’ont pas en plein midi. À l’inverse, les bleus glacés et les gris très froids deviennent ternes, presque sales, parce qu’il ne reste plus dans la pièce assez de lumière bleue pour les servir. Les blancs, eux, virent au crème, et c’est une bonne nouvelle : un mur blanc cassé d’octobre est bien plus accueillant qu’un mur blanc de mars.

Et aux matières

C’est peut-être le plus beau. Une lumière rasante révèle tout ce qu’une lumière frontale efface. Le grain d’un papier satin de 150 g apparaît en transparence, la texture d’un intissé prend du relief sur toute la hauteur du lé, et la surface d’une plaque décorative vintage en aluminium se met à retenir la lumière au lieu de la renvoyer d’un bloc. Passez la main sur un mur en fin d’après-midi d’automne : vous verrez la matière avant de la toucher. Un papier peint choisi en plein été révèle souvent son vrai caractère en octobre seulement, et c’est une raison suffisante pour ne pas juger trop vite un mur que l’on vient d’habiller.

Les sujets qui portent la saison

On peut évidemment accrocher ce que l’on veut toute l’année. Mais certaines images entrent en résonance avec cette lumière-là, comme si elles avaient été faites pour elle.

  • Les scènes de vendange et les vignes d’arrière-saison, dont les rouges et les bruns répondent directement au soleil bas.
  • Les marchés et les étals, pour la chaleur du brouhaha autant que pour celle des couleurs.
  • Les vergers d’automne, pommes, poires, coings, dont les jaunes et les rouges tiennent le mur jusqu’à la nuit.
  • Les sous-bois et feuillages, qui installent dans une pièce une profondeur presque fraîche.
  • Les oliveraies au matin brumeux et les paysages voilés, qui font entrer une autre heure du jour dans la maison.

Accrocher autrement quand les jours raccourcissent

Le réflexe consiste à garnir le mur le mieux éclairé. C’est souvent l’erreur : ce mur-là est en contre-jour dès que l’on se tourne vers la fenêtre, et l’image s’y regarde les yeux plissés. Préférez le mur qui reçoit le rayon du soir, généralement celui qui fait face aux ouvertures. Descendez aussi vos accrochages de quelques centimètres : en saison basse, on vit assis, et un centre d’image placé à hauteur d’œil debout devient trop haut dès novembre. Enfin, regroupez plutôt que d’éparpiller. Trois formats réunis créent une masse qui tient une pièce sombre ; les mêmes, dispersés, disparaissent au premier soir gris.

Éclairer sans écraser

Dès que le jour tombe à dix-huit heures, l’éclairage artificiel devient la moitié du décor. Quelques règles simples suffisent à ne pas gâcher ce que la lumière naturelle avait si bien commencé.

  • Choisissez des sources chaudes, autour de 2 700 kelvins, et fuyez les blancs froids qui vident les ocres de leur substance.
  • Privilégiez un indice de rendu des couleurs élevé : c’est lui qui décide si un rouge reste un rouge.
  • Multipliez les petites sources basses plutôt qu’un plafonnier unique, qui aplatit tout et ne flatte rien.
  • Éclairez une image légèrement de biais, jamais pleine face, pour conserver le relief de la matière.

Prendre le temps d’octobre

L’automne n’est pas une saison triste pour une maison, c’est la saison où l’on se réinstalle dedans. On rallume, on rapproche les fauteuils, on remarque enfin le mur qu’on longeait sans le voir. Nos affiches, nos plaques décoratives vintage et nos papiers peints sont imprimés à la commande à Saint-Rémy-de-Provence, et le showroom du 18A avenue Albin Gilles, ZA de la Gare est ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h, le samedi de 9 h à 12 h. Venez-y en fin d’après-midi, quand la lumière est basse : c’est le meilleur moment pour choisir, et de loin le plus agréable.

La sélection de l’atelier

Affiches, plaques et objets de la Manufacture en écho à cette page.

Signé — Manufacture Arssans, atelier de Saint-Rémy-de-Provence.

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