Tapisserie : définition, date et sources | Lexique Arssans

Le Lexique

Tapisserie

Définition Lexique du décor mural

Textile lourd, généralement de laine, tissé à la main sur métier de lice, caractérisé par un décor ornemental ou figuré et destiné à revêtir un mur, à faire rideau, à garnir un siège ou à pendre à une fenêtre ou à un balcon.

Le critère technique qui définit la tapisserie, et que le Getty formule avec précision : le tissage de tapisserie diffère du tissage d’étoffe en ce que la trame ne traverse pas toute la largeur de la pièce. Elle ne va que jusqu’à la limite de la plage de couleur ou du motif qu’elle dessine, puis rebrousse chemin. Le décor n’est donc pas ajouté au tissu : il est le tissu. Des détails peuvent ensuite être peints ou brodés par-dessus.

D’où la distinction avec la broderie, que l’Académie française tranche à l’entrée BRODERIE : « La tapisserie de Bayeux est une broderie. » La tapisserie de Bayeux est brodée à l’aiguille sur une toile de lin préexistante ; elle ne porte donc le nom de tapisserie que par un usage consacré, non par sa technique.

Divergence de fond entre le Getty et l’Académie française sur le sens premier du mot. Le Getty définit d’abord la tapisserie comme le textile tissé au métier. L’Académie fait l’inverse : à l’entrée TAPISSERIE, le sens 1 est « Art de broder à l’aiguille sur un canevas, avec de la laine, de la soie, etc. », et c’est sous ce sens 1, celui de la broderie, qu’elle range la tapisserie de Bayeux. Le sens de l’ouvrage tissé au métier pour revêtir les murs n’arrive qu’ensuite, introduit par « Par extension ». Les deux ouvrages de référence ont donc des sens premiers inverses, ce qui explique une bonne part de la confusion courante. Le CNRTL, pour sa part, donne la chronologie inverse de l’Académie : le sens du grand ouvrage tissé au métier est attesté dès 1379, celui de l’ouvrage à l’aiguille seulement en 1690 (Furetière, tapisserie au petit point).

Période d’apparition

1379, dans l’inventaire du mobilier de Charles V, au sens de « grand ouvrage fait au métier avec de la laine, de la soie, et servant à revêtir les murailles d’une salle ». Le CNRTL signale une attestation de 1347 sans indication de sens. Dérivé de tapis. Le sens élargi de « toute pièce de tissu ou d’autre matière que l’on tendait sur les murs » est attesté dès 1549, avec des exemples de tapisseries de maroquin et, en 1596, de cuir doré : le mot a donc très tôt désigné des tentures qui ne sont pas tissées.

Sources

Getty AAT 300205002, vocab.getty.edu et AAT 300061981, vocab.getty.edu ; CNRTL, tapisserie, cnrtl.fr ; Académie française, 9e éd., TAPISSERIE, dictionnaire-academie.fr et BRODERIE, dictionnaire-academie.fr

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