Papier continu
Définition Lexique du décor mural
Par opposition au papier rabouté.
Papier fabriqué en bande continue à la machine, et non feuille à feuille à la forme. Avant lui, un rouleau de papier peint était fabriqué en collant bout à bout des feuilles produites à la forme : Bernard Jacqué indique 24 feuilles au format raisin pour un rouleau de 9 aunes, le grand raisin mesurant 0,50 sur 0,65 m. Le passage au continu est la condition technique de toute la mécanisation ultérieure : la vitesse d’une machine entraînée à la vapeur est incompatible avec un rouleau rabouté, dont les joints cèdent à la tension.
Le musée du Papier peint retient pour sa part la formule « l’invention du papier continu vers 1830 » et « la généralisation de l’usage du papier en continu dans les années 1830 ». Les deux sources ne divergent pas sur les faits mais sur ce qu’elles datent : Jacqué date l’invention du principe (an VII) et son adoption par la filière (1830), le musée date l’adoption seule.
Période d’apparition
le décalage est l’intérêt même de cette entrée. Bernard Jacqué rappelle que « Robert » (il ne donne pas le prénom) en met au point le principe dès l’an VII (1798-1799), que les premières fabrications se font en Angleterre dès 1804 et en France dès 1815, mais que l’industrie du papier peint ne l’adopte que bien plus tard, parce qu’elle a besoin de rouleaux longs, si possible de 9 mètres, que le marché ne proposait pas. La manufacture Zuber de Rixheim dépose son brevet le 30 septembre 1830 ; le papier peint n° 2744 de la collection de 1832 est le premier imprimé en continu ; avant 1840 le continu devient la règle, et en 1839 toute la profession l’a adopté. En Angleterre, le retard tient à une cause purement fiscale : le papier peint y était imposé à la feuille.
Sources
Bernard Jacqué, De la manufacture au mur, thèse, Lyon 2, 2003, § 2.3.1, theses.univ-lyon2.fr et § 1.3.2, theses.univ-lyon2.fr ; Musée du Papier peint de Rixheim, museepapierpeint.org