Mugs peints main : l’Atelier Saint-Thamar, Barbaste

Le Cahier

L’Atelier 4 min de lecture

Barbaste, 1947 : les mains qui peignent onze de nos mugs

Onze de nos mugs ne sortent d’aucune imprimante. Ils sortent d’un atelier de Barbaste fondé en 1947, sous le pinceau de peintres sur porcelaine. Ce que ce choix change, et ce qu’il vous demande d’accepter.

Barbaste, 1947 : les mains qui peignent onze de nos mugs

Il y a deux familles de mugs chez nous, et elles ne se ressemblent pas.

La première est imprimée. Le décor est un visuel composé à Saint-Rémy-de-Provence, puis transféré sur la céramique par sublimation : sous l’effet de la chaleur, la couleur passe dans la matière au lieu de se poser dessus. C’est net, c’est fidèle au dessin, c’est reproductible. Soixante-quinze décors vivent ainsi dans notre catalogue, imprimés à la commande, et deux exemplaires du même sortent rigoureusement identiques. C’est exactement ce qu’on leur demande.

La seconde famille ne sort d’aucune machine. Onze mugs, onze couleurs, et pas deux exemplaires semblables.

Barbaste, 1947

Ces onze-là sont peints à la main par l’Atelier Saint-Thamar, une maison de Barbaste fondée en 1947, spécialiste de la décoration sur porcelaine, notre fournisseur officiel pour cette série.

Nous tenons à l’écrire noir sur blanc : ce n’est pas nous qui les peignons. Il serait commode de laisser entendre que tout naît sous le même toit provençal. Ce serait faux, et ce serait injuste. Une maison qui décore la porcelaine depuis 1947 a une main que l’on n’improvise pas en deux saisons. Nous lui confions la couleur, elle nous rend des pièces que nous n’aurions pas su faire.

Ce que fait un fond brossé

Regardez un de ces mugs à contre-jour. La couleur n’est pas une nappe uniforme : elle est montée en passes successives, et le pinceau a laissé sa trace. Des stries plus denses, des éclaircies là où la charge s’est épuisée, des ondes qui traversent la paroi. Sur le terracotta, les bruns rouges s’accumulent et la surface prend une profondeur d’argile chauffée. Sur le vert clair, les couches sont si fines que la lumière passe au travers et fait vibrer la teinte.

Une impression ne sait pas produire cela. Sur la régularité, elle gagne haut la main. Sur cette respiration, elle n’a rien à offrir.

L’anse, elle, est tendue d’un seul mouvement, dans une couleur qui contrarie le fond : vert tilleul sur un rose, rose sur un vert anis. C’est ce contraste qui empêche la pièce de tomber dans le camaïeu sage.

Un geste qui ne se reprend pas

La porcelaine n’efface rien. Le peintre n’a pas de retour arrière, pas de calque à annuler, pas de seconde tentative sur la même pièce. Ce qui est posé est posé.

C’est là toute la différence entre une variation et un défaut. Deux mugs de la même couleur côte à côte ne portent jamais les mêmes veines claires, ni les mêmes ombres. Ce n’est pas un écart de qualité : c’est la définition même de la pièce peinte à la main. Le vôtre portera ses propres nuances, et il sera, au sens strict, le seul à porter ces nuances-là.

Nous le précisons parce que l’attente compte. Qui commande deux mugs de la même teinte et reçoit deux mugs cousins doit savoir d’avance que c’est le contrat, et non l’accident.

Onze couleurs, et le duo dépareillé

La série des unis brossés main compte onze teintes : rose, vert clair, vert, vert foncé, terracotta, bleu ciel, bleu nuit, bleu, jaune, violet, pourpre. Chacune existe seule, mais les onze ont été pensées pour se marier.

L’usage que nous préférons, c’est le duo dépareillé : deux tasses qui ne sont pas assorties, mais qui se répondent. Le rose et le vert clair, par exemple, portent exactement les mêmes couleurs avec les rôles inversés, fond contre anse. Sur une table, ce n’est plus un service, c’est une conversation.

Côté format : porcelaine fine, 330 ml, environ 9,5 cm de haut pour 8 cm de diamètre. De quoi tenir un vrai thé, pas une gorgée de politesse. Lave-vaisselle en cycle doux et micro-ondes acceptés ; un lavage à la main et l’absence de choc thermique brutal prolongeront l’éclat de la peinture.

Laquelle des deux familles choisir

Si vous cherchez un décor précis, une scène, un motif qui raconte quelque chose, prenez un mug imprimé : c’est là que vivent nos oiseaux, nos aquarelles et nos lithographies. La collection complète des mugs les rassemble.

Si vous cherchez un objet plutôt qu’une image, prenez un mug peint main. Il ne raconte rien. Il a seulement été tenu, chargé de couleur et peint par quelqu’un, et cela se voit à un mètre.

Les deux coexistent sans se concurrencer, parce qu’ils ne répondent pas à la même envie. L’un vous plaît pour ce qu’il montre. L’autre vous plaira pour ce qu’il est.

Pour prolonger, notre article sur le mug en céramique illustré revient sur la première famille, celle du décor imprimé.

La sélection de l’atelier

Affiches, plaques et objets de la Manufacture en écho à cette page.

Signé — Manufacture Arssans, atelier de Saint-Rémy-de-Provence.

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