Grotte ornée
Définition Lexique du décor mural
Selon le ministère de la Culture, qui l’enregistre dans son thésaurus de l’architecture (Inventaire général du patrimoine culturel) : cavité naturelle dont les parois ont été décorées par l’homme dans un but cultuel. L’Académie française, sous ORNER, avec la marque de domaine « archéologie », en donne une définition plus sobre : grotte « où l’on trouve des peintures pariétales, des représentations figurées ». Les deux s’accordent sur l’essentiel, un décor porté sur les parois d’une cavité.
Divergences à connaître : la finalité cultuelle n’est affirmée que par le ministère ; l’Académie ne retient aucun critère de destination. Le périmètre varie aussi : le thésaurus du ministère parle de « cavité naturelle » et range l’abri sous roche parmi les termes seulement associés (il y renvoie toutefois « grotte préhistorique »), tandis que le thésaurus PACTOLS (Frantiq) inclut l’abri sous-roche dans la notion, avec une définition marquée « (WP) », qui reprend un ancien état de l’article Wikipédia. Le même thésaurus du ministère précise qu’une grotte sépulcrale « peut être ornée » mais ne doit pas être confondue avec une grotte ornée. Enfin, en arts décoratifs, le mot grotte désigne aussi une construction artificielle de parc ou de jardin, « ornée de coquilles, de fleurs, de jets d’eau » (TLFi, grotte, sens B) : une grotte peut donc être ornée sans être une grotte ornée.
L’usage officiel est ancien : l’UNESCO a inscrit en 1979 le bien « Grottes ornées de la Vallée de la Vézère », aujourd’hui nommé « Sites préhistoriques et grottes ornées de la vallée de la Vézère », et le dossier Cosquer du ministère titre « Une grotte ornée en Méditerranée ».
Période d’apparition
première attestation non établie. Le TLFi ne relève pas la locution ; l’Académie ne l’enregistre pas dans sa 8e édition (1935), mais dans la 9e. Occurrences datées relevées dans Gallica, qui ne sont pas des premières attestations : en 1898, un article de G. de Mortillet s’intitule « Grottes ornées de gravures et de peintures », l’adjectif y étant suivi d’un complément ; en 1905, le Bulletin de la Société préhistorique de France emploie la locution seule (« La visite des Grottes ornées aura lieu de la façon suivante ») ; en 1906, Cartailhac et Breuil écrivent : « De toutes les grottes ornées, celle d’Altamira est la plus curieuse et la plus étonnante. » Le phénomène désigné est bien plus ancien que le mot : les grottes citées en exemple par ces sources sont paléolithiques.
Sources
Ministère de la Culture, Thésaurus de la désignation des œuvres architecturales et des espaces aménagés, notice T96-105, data.culture.fr (édition PDF 2013 : inventaire.culture.gouv.fr) ; Académie française, 9e éd., orner, dictionnaire-academie.fr (8e éd. : dictionnaire-academie.fr) ; CNRTL, grotte, cnrtl.fr ; PACTOLS, grotte ornée, ark.frantiq.fr ; UNESCO, Comité du patrimoine mondial, rapport de la 3e session (1979), CC-79/CONF.003/13, p. 13, whc.unesco.org ; liste du patrimoine mondial, bien n° 85 (données ouvertes), data.unesco.org ; Ministère de la Culture, Grands sites archéologiques, grotte Cosquer, archeologie.culture.gouv.fr ; Gallica : L’Anthropologie, 1898, gallica.bnf.fr ; Bulletin de la Société préhistorique de France, 1905, gallica.bnf.fr ; Cartailhac et Breuil, La caverne d’Altamira, 1906, gallica.bnf.fr